MINUTE

En vente cette semaine

cliquez sur l'image

Minute 2843
A+ A A-

Le doyen FN rafraîchit la mémoire d’Estrosi

Président de la séance inaugurale du conseil régional de Paca, au titre de doyen d’âge, Jean-Pierre Daugreilh s’est fait plaisir en rappelant à Christian Estrosi le temps où, dans ses culottes courtes (ou presque), il portait à droite.

Lors des élections régionales de 2010, le traditionnel discours du doyen, lors de la séance inaugurale de la mandature, avait déjà été prononcé par un élu du Front national. Il s'agissait alors d’un certain… Jean-Marie Le Pen. Vendredi dernier à Marseille, c’est un autre frontiste qui a présidé à l’installation du nouveau conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) : Jean-Pierre Daugreilh.
Agé de 73 ans, ce conseiller municipal d’opposition à Vence figurait en neuvième position sur la liste des Alpes-Maritimes menée par l’ex-UMP Olivier Bettati. Si ces deux mandats sont récents, l’homme n’en est pas moins un vieux routier de la droite nationale dans le sud de la France et même de l'autre côté de la Méditerranée : il fut un ardent défenseur (euphémisme) de la cause de l’Algérie française avant de participer à toutes les aventures activistes puis intellectuelles du camp patriote dans les années 1960 et 1970.

« Je suis d'accord à 99 % avec le FN. »
Si Jean-Marie Le Pen avait prononcé un discours à la connotation très nationale en 2010, cette fois-ci, Jean-Pierre Daugreilh s’est attaché à s'en tenir au plan local, évoquant en particulier les conditions particulières de cette élection et la personnalité de celui qui allait être élu président de
la nouvelle assemblée régionale quelques instants plus tard.
Car si Jean-Pierre Daugreilh connaît bien Jean-Marie Le Pen, il connaît aussi très bien Christian Estrosi. Et pour cause : il l’a vu faire ses premiers pas en politique !
C’était il y a quelques années, mais comme tant d’autres – à commencer par Jean-Marie Le Pen qui avait diffusé une photo de Christian Estrosi en sa compagnie, tout sourire (ci-contre), ou encore Marion Maréchal-Le Pen qui n’avait pas manqué de lui rappeler ses danses du ventre pour séduire le FN ou ses électeurs dans le passé – , Jean-Pierre Daugreilh a profité de sa prise de parole pour se rappeler au souvenir du député-maire de Nice : « L’avantage de mon âge […] est qu’il m’a aussi permis d’être un observateur et un acteur de la vie politique de Provence-Alpes-Côte d'Azur, de mon département des Alpes-Maritimes, et même de la ville de Nice, depuis plusieurs décennies. »
Dans les années 1980, Jean-Pierre Daugreilh évoluait dans l’entourage du mythique maire de Nice Jacques Médecin, tout comme Christian Estrosi, qui lui doit ses premiers mandats. L’ex-épouse de Jean-Pierre Daugreilh, Martine, était même alors député (RPR) de Nice ! À l’époque, le futur conseiller régional FN a œuvré au rapprochement « entre deux hommes de caractère et d’envergure » (selon ses propres mots) : Jacques Médecin et Jean-Marie Le Pen. C’était dans la seconde moitié des années 1980, celles où l’on vit Jacques Médecin recevoir Le Pen dans sa mairie, ou encore déclarer dans les colonnes de National Hebdo : « Je suis d’accord à 99 % avec le Front national. »

« Bien plus gauche aussi, au sens de maladroit »
« Le Christian Estrosi d’alors ne sourcillait pas » a rappelé ensuite Jean-Pierre Daugreilh, qui a pris un malin plaisir à moquer le « résistant » d’aujourd’hui à la poussée du Front national : « Dans ce même entourage [de Jacques Médecin], on retrouvait alors un certain Christian Estrosi. Il était il est vrai bien plus jeune et bien plus timide qu’aujourd’hui. Bien plus gauche aussi, au sens de maladroit s’entend. Car il était en revanche, politiquement, bien plus à droite que le Christian Estrosi de décembre 2015. »
Sur les bancs de la gauche, pardon, de la « droite républicaine », le discours de Jean-Pierre Daugreilh commençait à ne plus faire rire du tout. Le camp Estrosi a alors dépêché un huissier pour signifier au doyen qu’il était temps d’abréger… Comme le dit Marion Maréchal-Le Pen : « Ils n’ont pas perdu de temps pour être discourtois envers nous. Ils ont précipité et interrompu le discours de notre doyen, le jugeant déplacé. »
Jean-Pierre Daugreilh a donc conclu en réclamant que les droits de l’opposition soient respectés et même renforcés, rappelant que 45 % des électeurs de la région avaient choisi de voter pour Marion Maréchal-Le Pen. Il n’en sera évidemment rien puisque le groupe FN repartira de cette séance inaugurale avec seulement treize élus à la commission permanente sur les quarante sièges atribués.
Dans la salle, Christian Estrosi n’aura adressé que quelques brefs regards au doyen ; il était affaire à réviser son discours lors duquel le nouveau président de la région Paca consacrera une longue tirade à son futur conseil territorial et à ses nouveaux amis de gauche, et à peine une phrase pour son opposition élue. Un discours barrant à gauche toute, qui poussera même un élu frontiste à siffloter… l’Internationale, sous les regards interloqués de la gauche estrosienne, qui n’a manifestement pas eu le temps de l’apprendre ! 

Lionel Humbert


abonnement
La suite de cet article est réservée aux abonnés. Découvrez nos offres d'abonnements !

Nouvelles Coordonnées

Chers lecteurs, chers abonnés,
nos coordonnées téléphoniques ont changé, vous devrez désormais nous joindre au numéro suivant : 09 79 25 23 86

Les derniers numéros

Minute 2843
Minute 2842
Minute 2841
Minute 2840
Minute 2839

L'Europe Cannibale

946_Page_01.jpg

Recevoir les infos et promos

tous-les-numeros

pub1

Suivez-nous

© 2012-2017 - ASM - Tous droits réservés

Connexion ou Enregistrement

Identification