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Un homme au-dessus du tumulte

Dans un monde en plein tumulte – mais en a-t-il jamais été autrement ? –, il est au moins un homme qui conserve sérénité et hauteur de vues : le géopoliticien Aymeric Chauprade. La parution d’une nouvelle édition, actualisée et augmentée, de son maître ouvrage, Chronique du choc des civilisations, nous a donné l’occasion de cette rencontre. Celui qui est aussi député au Parlement européen y manifeste également son « espoir », avec des accents qui ne sont pas sans rappeler le discours de Philippe de Villiers, de voir « un mouvement de fond politique » se développer qui dépasserait « le matérialisme qui domine toute l’offre politique française ».

 

« Minute » : « Le choc des civilisations est au cœur du monde », écrivez-vous dans l’introduction. Vous semblez convaincu que l’idée qu’un monde apaisé, où les différentes civilisations cohabiteraient sans s’affronter, est une vue de l’esprit. Une « paix perpétuelle », pour citer le philosophe Emmanuel Kant, est impossible ?


Aymeric Chauprade : Le thème du choc des civilisations est très ancien, il ne date pas de sa réactualisation par Samuel Huntington et les « néo- conservateurs », au début des années 1990. Il traverse les millénaires, pareil aux mouvements des plaques tectoniques. Les civilisations peuvent céder à une puissance extérieure, on peut les croire disparues à jamais, mais elles finissent toujours par balayer le vernis étranger qui les recouvre, comme les cinq siècles d’islam espagnol éradiqués par la Reconquista.
Je crois, comme Fernand Braudel, au temps long des civilisations. Hélas certains politiques qui ne lisent rien ne savent même pas qui est Braudel ! Je les invite à lire l’extraordinaire Grammaire des civilisations. Vous savez, ma vie est ponctuée de livres essentiels qui ont déterminé mes engagements.
Le choc des civilisations est la toile de fond de l’Histoire, le décor dans lequel les hommes et les nations font l’histoire, mais je dis aussi que l’Histoire n’est pas réductible au choc des civilisations, qu’elle est bien plus complexe que cela. Ceux qui nient la réalité du choc des civilisations veulent effacer le décor dans lequel l’Histoire se jouent ; ils sont les enfants de cette société « hors sol », cette société de l’individu et de l’instant, de cette société pavlovienne qui fonctionne par « mots clef ». Ils confondent aussi la compréhension du réel et l’action sur le réel.
Le géopolitologue que je suis doit prendre en compte les réalités que sont les civilisations. Mais le politique entend lui évidemment favoriser le dialogue des civilisations (j’étais en octobre à Rhodes d’ailleurs, au grand Forum du Dialogue des civilisations organisé par nos amis russes), avec la conviction toutefois que ce dialogue ne doit pas se confondre avec l’effacement de la civilisation européenne et chrétienne. Ce n’est pas que je ne crois pas à l’idée d’un monde apaisé, c’est que je ne crois pas à l’idée que l’apaisement puisse être atteint par la voie de l’angélisme !


Surtout dans un monde marqué par un regain des revendications religieuses ?


Ne mélangeons pas tout. Le christianisme défend sa vérité par une voie non violente et il admet la liberté religieuse. Le christianisme est un projet d’apaisement ! Le judaïsme tente lui de vivre paisiblement son identité mais il subit de plus de plus les assauts antisémites venus du monde musulman, et ceci sous couvert d’anti-sionisme. On ne peut pas en dire autant de l’islam. Pour une très large partie des musulmans, la soumission à l’islam est obligatoire, quitte à l’imposer par la force ; et la liberté religieuse n’est pas admise. Au mieux est-elle tolérée dans une forme d’infériorité (la dhimmitude).
Après tout, ceux qui aiment le « principe de précaution » pour l’écologie devraient l’appliquer dans tous les domaines : je n’ai pas l’intention d’attendre que les musulmans soient majoritaires en France pour savoir si l’islam aura été capable de se réformer et devenir une « religion de paix » ! Et figurez-vous que je n’ai pas non plus envie d’attendre que la Chine parvienne à dominer le monde pour savoir ce que les Chinois entendent faire de leur supériorité matérielle. La politique étrangère américaine actuelle me laisse accroire que toute nation ou civilisation qui atteint le stade de la domination est naturellement disposée à écraser les autres. Par conséquent, je ne compte pas attendre l’achèvement du « grand remplacement » en Europe pour avoir la réponse à cette question essentielle : comment les « chrétiens/ juifs/athées » devenus minoritaires seront-ils traités dans des sociétés majoritairement non européennes et musulmanes ?
Pour revenir à votre question sur la « paix perpétuelle » d’Emmanuel Kant, celle-ci ne pourrait être atteinte que par l’accomplissement d’un projet « à la Big Brother » dans lequel une oligarchie mondiale dominerait une masse indifférenciée et lobotomisée par l’industrie des pilules… Ce monde « en paix » serait un cauchemar totalitaire ; la violence et la contestation intrinsèques à la nature de l’homme seraient chimiquement gommées. Un mélange du Meilleur des mondes et de 1984 en somme. Est-ce cela que nous voulons ?
Bien au contraire, l’humanité de l’homme comme la démocratie ne seront préservées que dans un monde de la différenciation, un monde de la puissance assumée (régulé par le droit international et apaisé par l’équilibre de la puissance), un monde de la frontière. Regardez les principes (physiques et biologiques) fondamentaux de la nature : les flux d’échange naissent de la différence (polarité électrique, différences de pression, de température), la vie découle de la différenciation… L’indifférenciation c’est au contraire l’uniformisation, c’est le chemin vers la mort. C’est la raison pour laquelle il nous faut lutter avant tout contre la culture de mort, dont les formes actuelles sont multiples : de la culture de l’avortement de masse en Occident à celle de la négation du temps et de la différence identitaire dans l’État islamique.


Vous allez plus loin en affirmant que l’« univers mental de la civilisation » permet à l’homme de se dépasser. En exagérant à peine votre pensée, peut-on dire que le combat pour la civilisation est le plus beau combat que l’homme puisse mener… et qu’il ne faut pas lui retirer cette chance ?


C’est exactement cela. Songez qu’une grande partie des questions essentielles que nous nous posons encore aujourd’hui, dans notre vie personnelle comme dans celle de la Cité, étaient déjà posées par les tragédies de la Grèce antique ou les mémoires des empereurs romains. Devons-nous agir selon Antigone ou selon Créon ? Je me sens, quant à moi, à la fois le récipiendaire et le légataire de cette civilisation gréco-latine et chrétienne. D’où le sens premier de mon combat politique qui est la défense de cette civilisation, une civilisation dans laquelle la nation française a joué, et doit continuer à jouer, un rôle de premier plan. Ce qui se passe dans le monde aujourd’hui, tant à cause du matérialisme déraciné qui détruit à grande vitesse l’Europe que du retour du califat islamique au Moyen-Orient, devrait réveiller les Européens !

Vous écrivez que l’Europe – que vous distinguez bien de « l’Occident américain » – doit faire face à trois défis, « le réveil violent de l’islam, l’utopie mondialiste américaine, le volonté de revanche de l’Asie ». Si tel est le cas, comment l’Europe peut-elle s’en sortir ?


Le réveil violent de l’islam est une évidence qui n’échappe qu’à ceux pour lesquels le dogme écrase tout. Les peuples européens sentent bien le danger et se réveillent, comme d’ailleurs de nombreux essayistes, philosophes et romanciers français. J’ai l’espoir qu’un mouvement de fond politique va se développer en France, qui fédèrera des personnes venues d’horizons philosophiques différents. Son succès reposera sur sa capacité à dépasser le matérialisme qui domine toute l’offre politique française aujourd’hui.
Revenons à votre question. Les Américains ont un programme idéologique. L’Amérique est une idéologie dotée de moyens de puissance considérables. Pour aller vite, c’est le programme de « l’Amérique-monde », c’est-à-dire la volonté de transformer le monde à l’image de l’Amérique. Et ce faisant, de s’attaquer à l’identité même des civilisations autres que la sienne. Quant aux Chinois, ils procèdent différemment. Ils ne sont pas universalistes. Leur politique de puissance est plus classique. S’affirmer d’abord dans sa zone d’influence naturelle, sa périphérie, qui a vocation à être vassalisée, selon la théorie des cercles concentriques, et chercher de l’énergie et des terres arables sur d’autres continents… Mais à un moment donné, il faudra aussi équilibrer l’ascension de la Chine.
C’est en contemplant ces trois défis, l’islam, l’Amérique-monde et la Chine, que l’évidence de la Russie comme alliée providentielle s’impose.
On voit, à peu près, quels pourraient être les bénéfices d’une alliance avec la Russie, encore que nombre de pays à l’Est de l’Europe pourraient émettre des objections recevables, mais on voit moins quels seraient ceux d’une alliance avec l’Amérique latine, que vous préconisez également…
L’arrivée du président Poutine au pouvoir au début des années 2000 a constitué un défi majeur pour le projet unipolaire américain. Que défend Poutine aujourd’hui, après avoir redressé la Russie qui vacillait après l’effondrement soviétique et le chaos néo-libéral sous Eltsine ? Il défend les fondamentaux de la civilisation chrétienne, comme la famille naturelle et l’orthodoxie. Il défend le monde multipolaire contre l’hégémonisme américain. Il défend l’économie réelle des nations (laquelle implique bien sûr l’échange) contre la financiarisation de l’économie globalisée. Et la Russie est à la fois l’interface naturelle de demain entre l’Union européenne et la Chine, et une garantie contre une hyperpuissance chinoise.
Quant à l’Amérique Latine, n’oublions pas qu’elle est de culture chrétienne et latine et qu’elle entend bien le rester. Elle aussi fait partie du monde émergent et nous les Français nous aurions grand intérêt à nous y intéresser davantage.

Vous décrivez un empire américain qui se fissure. Vous affirmez même que, « dans le monde qui se prépare », les États-Unis « seront irrémédiablement déclassés ». Quels sont selon vous les signes de ce déclin annoncé ?


Je suis davantage inquiet pour l’avenir des Européens que pour celui des Américains. Les Américains vivent certes très mal cette multipolarisation du monde, qui rend à l’Eurasie la prédominance géopolitique et économique qui était la sienne jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, mais ils ont quand même, inscrite au plus profonds de « leurs gènes culturels », une sorte de culture darwininienne du combat pour la domination qui leur permet de rebondir. Ils sont fiers d’être Américains, nous nous excusons d’être Européens.
Frappés par deux fléaux, la dé-européanisation de leur identité (très bien expliquée par Samuel Huntington dans ce qui est à mon avis son meilleur livre, Qui sommes-nous ? Les défis de l’identité nationale américaine) et l’obésité physique, les Américains restent malgré tout tendus vers ce que Dominique Venner appelait « l’horizon de la guerre » (pendant, disait-il joliment, que l’Europe est entrée en « dormition »). Ils font la guerre et assument le fait d’avoir des morts. Ils font aussi des investissements considérables dans le domaine R&D et se mettent en position de contrôler les systèmes d’information de l’avenir. Mais en même temps, comment nier que le monde émergent est en train de les rattraper à grande vitesse ?


Vous laissez entendre que l’euro pourrait faire contrepoids au dollar si les États-Unis ne s’évertuaient pas à en limiter l’influence et même que la volonté d’empêcher que l’euro devienne une (ou la) monnaie de référence pourrait être à l’origine du renversement de Saddam Hussein. Je ne vous demanderai pas comment l’homme politique, que vous êtes aussi, parvient à s’accorder avec le géopolitologue puisque je me suis engagé à ne pas aborder ce sujet, mais pouvez-vous nous expliquer votre vision de l’Europe dans le monde multipolaire que vous appelez de vos vœux et que vous voyez se dessiner ?


Je crois profondément à l’idée européenne, parce que nos nations d’Europe ont une histoire et un avenir commun. Un projet français sans l’horizon européen serait une aberration. De même qu’un projet français limité à l’horizon européen est une amputation.
La question n’est donc pas de savoir si oui ou non il faut de l’Europe, la question est de savoir de quelle Europe nous parlons. Je soutiens depuis toujours qu’il faut une Europe-civilisation, une Europe des États souverains, fière de son identité chrétienne, une Europe de la coopération, une Europe dans laquelle nous cherchons à construire des convergences à partir d’intérêts communs et non pas à imposer ces convergences par des votes à la majorité ou des décisions de commissaires européens dévoués davantage aux intérêts des multinationales que des États et de leurs peuples.
Quant à l’euro, s’il a été sans doute bénéfique à l’Allemagne, il a été néfaste à la France et à la plupart des nations européennes. Il ne s’est pas révélé être la monnaie d’une Europe-puissance et sans doute d’abord parce qu’il n’a jamais été question de faire l’Europe-puissance mais de faire l’espace euro-atlantique dominé par les États-Unis. Nous y sommes : domination de l’Otan et non pas Europe de la défense, et traité transatlantique plutôt que protectionnisme européen.

Vous consacrez bien sûr de nombreuses pages à l’expansion de l’islam et l’un de vos chapitres est intitulé « Islamérique versus Europe ». « Islamérique », vraiment ? Voilà un concept qui mérite quelques explications !


Oui, le terme peut paraître étrange mais depuis la guerre d’Afghanistan, dans les années 1980, et donc avant même l’effondrement soviétique, les Américains se sont appuyés sur le fondamentalisme islamique pour contrer tous leurs obstacles géopolitiques : l’URSS, le nationalisme arabe, l’Europe-civilisation…Si vous cherchez l’origine de tout ce qui s’est mis en place en matière de fondamentalisme, qu’il s’agisse du fondamentalisme sunnite comme du fondamentalisme chiite au Moyen-Orient, ou du fondamentalisme protestant en Amérique latine, vous trouvez la CIA et le Département d’État américain. Je rappelle que l’alignement sur les États-Unis nous a quand même conduit à cette folie absolue en 1999 : bombarder notre allié historique serbe, rempart historique contre l’islam turc. Avant l’ingérence américaine en Europe, il y avait une nationalité musulmane en Yougoslavie, après, deux Etats à dominante musulmane, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo. En lisant mes chapitres sur l’État islamique, les lecteurs comprendront aussi le rôle des États-Unis dans la genèse de ce monstre.

Vous posez une question que tout le monde se pose : « les sanglants débordements » des islamistes trouvent-ils leur légitimité dans le Coran ? Quelle est votre réponse ?


Je renvoie à mon livre. Comme les grands islamologues, je ne reconnais pas la distinction entre islam et islamisme qui est une fabrication récente du « politiquement correct ». C’est une absurdité. Ce qui est vrai en revanche c’est qu’il est absolument nécessaire de distinguer les musulmans entre eux et de ne pas mettre tout le monde dans le même sac. Il y a des gens qui se vivent comme étant des musulmans d’origine, comme étant sociologiquement musulmans, mais qui, chez nous, reconnaissent la loi de notre pays comme supérieure. Tous les autres en revanche sont des « chariatistes », des partisans de la loi islamique, pour lesquels aucune autre loi ne tient face à la loi islamique.
Nous ne devrions même pas utiliser ce terme de musulman qui fausse le débat. Notre problème en France, ce sont les partisans de la loi islamique. Ils sont malheureusement de plus en plus nombreux et sont en guerre contre nous, que nous le voulions ou non. Comment les reconnaître ? Ce n’est pas si difficile puisque la majorité d’entre eux adopte les signes visibles de la loi islamique, barbe, vêtements islamiques, foulards…

Vous racontez, exemples à l’appui, que les décapitations commises par des islamistes ne datent pas de la création de l’État islamique mais qu’il y en a eu de nombreuses, en Europe, au début des années 1990, durant la guerre de Bosnie. Comment se fait-il qu’on ne découvre cette effroyable pratique que maintenant ?


Mon atlas de géopolitique révèle en effet de nombreuses choses sur l’État islamique, ses spécificités, ses modes de financement, mais il inscrit le retour de ce califat islamique dans la continuité de l’Histoire. C’est d’ailleurs ce qui caractérise mon travail. Je suis un géopolitologue du temps long. Ce qui est nouveau, ce n’est pas la pratique de l’État islamique, laquelle s’appuie déjà sur la pratique des premiers siècles de l’islam ; ce qui est nouveau, c’est la médiatisation des crimes et l’utilisation de la terreur comme arme d’influence et de recrutement.

En quoi la création d’un califat, par l’État islamique, est-elle différente des actions terroristes menées par Al Qaida ?


Il y a une différence de stratégie entre Al Qaïda et l’État islamique : Al Qaïda pensé par Ben Laden menait un combat global, transnational, déterritorialisé. L’État islamique d’Al Baghdadi mène une stratégie radicalement différente : le combat est territorialisé. Il faut construire un État islamique fort, posé sur un immense territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak, puis prendre les deux grandes capitales de l’histoire islamique (ommeyade et abbasside), Damas et Bagdad, et s’étendre ensuite sur le reste du monde à partir de cette base étatique forte.
La génération Al Qaïda du début des années 2000 étant encore influencée par l’idéal du mondialisme transnational, des réseaux, la conviction que les États étaient finis. La nouvelle génération de djihadistes est à l’image du monde multipolaire : elle est marquée partout par le retour des États et des souverainetés.


De récentes frappes françaises en Syrie ont semble-t-il visé et tué des djihadistes de nationalité française. Eté 2014, vous aviez appelé à l’élimination physique de ceux-ci (« Il revient la responsabilité à chaque nation européenne d’éliminer ses ressortissants djihadistes avant qu’ils ne reviennent »). Vous devez être satisfait – et peut-être surpris – d’avoir été entendu…


Rendez-vous compte ! L’Histoire va décidément de plus en plus vite. Ce qui me paraissait évident mais qui choquait certains, il y a seulement quelques mois, paraît presque évident à tout le monde aujourd’hui. Il y a des gens qui étaient visionnaires à 30 ou 40 ans avant, et aujourd’hui il y a des gens qui ne sont même pas capables de voir à quelques mois devant eux. C’est vraiment dramatique.
Je le répète, nous en sommes en guerre contre les partisans de la loi islamique partout dans le monde, chez nous comme au Moyen-Orient. Ils veulent nous détruire, nous devons les détruire avant. Le djihad n’est pas un délit, c’est un acte de guerre. Un Français, qu’il soit de souche arabe ou de souche européenne, et qui épouse la loi islamique et décide de partir faire le djihad, doit être considéré non comme un délinquant mais comme un ennemi à éliminer.

L’un de vos textes, qui court sur deux pages, a pour titre : « Europe : vers le grand remplacement ? » Lorsqu’on l’a lu, le point d’interrogation n’a plus vraiment lieu d’être… En quoi les flux migratoires en direction de l’Europe sont-ils une question géopolitique ?


Lorsque j’écris je n’aime pas imposer les conclusions à mes lecteurs. Je les laisse réfléchir et tirer les leçons eux-mêmes. Je mets donc des points d’interrogation. Mais je donne dans les chapitres relatifs à l’immigration en Europe les chiffres et les tendances qui attestent du « Grand remplacement ». Si rien n’est fait rapidement, l’Europe ne sera plus européenne dans moins de vingt ans. Et vingt ans, à l’échelle de l’histoire, c’est un clignement d’œil.
La crise migratoire en Europe a commencé il y a plus de trente ans maintenant. Les décideurs politiques qui ont fait le regroupement familial en France, au début des années 1980, ont autant de responsabilité dans nos problèmes que Madame Merkel en aura bientôt en Allemagne dans les effets de la crise migratoire. Cela fait au moins trente ans en effet que ce mécanisme de remplacement progressif de la population de souche européenne s’est mis en place. Le phénomène s’accélère et s’amplifie aujourd’hui.
La politique étrangère stupide des Européens en Méditerranée et au Moyen-Orient a précipité la chute de l’État-nation (déjà fragile) dans ces régions, ce qui a conduit à la crise migratoire. Je suis convaincu aussi de la complicité de l’État islamique avec le gouvernement turc d’Erdogan dans le but d’accélérer la conquête islamique de l’Europe.
Il n’est pas trop tard, mais il est déjà tard. Il reste peu de temps aux Français pour renverser le cours de l’Histoire avec un minimum de violence.


Propos recueillis par Hervé Nailhac


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  • Publié dans le numéro : 2744
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