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Nous sommes tous des Autrichiens !

A eux deux, ils avaient obtenu 57,44 % des voix aux législatives du 15 octobre dernier : 31,47 % pour la Liste Sebastian Kurz, de l’ÖVP, 25,97 % pour celle du FPÖ conduite par Heinz-Christian Strache. Les deux sont tombés d’accord : ils gouverneront ensemble. Sur la base d’un programme très élaboré, profondément libéral-conservateur, que les dirigeants des partis de droite français seraient bien inspirés de consulter.

Traditionnellement épargnés par les embouteillages dans une cité particulièrement vaste, contrairement aux habitants de bien d’autres capitales européennes, les Viennois ont pu vivre quelques désagréments, mineurs, de circulation, ce lundi. L’ÖAMTC, le puissant automobile club, avait alerté ses adhérents dès samedi soir : six manifestations, toutefois squelettiques, étaient organisées à partir de 8 heures du matin partout dans la ville par différents cénacles de gauche et d’extrême gauche pour protester contre la constitution du gouvernement de Sebastian Kurzet faire pression sur le président Alexander Van der Bellenau moment où il devait la ratifier. Les appels à manifester avaient immédiatement ponctué, sur les réseaux sociaux, la conférence de presse commune des deux nouvelles têtes de l’exécutif autrichien. Au Wiener Kahlenberg, qui surplombe le Danube à Heiligenstadt, le futur chancelier SebastianKurz, 31 ans, leader du Parti populaire (ÖVP), et le futur vice-chancelier, Heinz-Christian Strache, 48 ans, chef de file du Parti de la liberté (FPÖ), qui aura également la responsabilité des Sports et de l’Administration, ont présenté, détendus et souriants, et après s’être excusés de leur quart d’heure de retard, le programme pour la XXVIe législature.

Maître mot du Pacte bleu turquoise : soulager.

Ce programme a été baptisé parleurs soins « Ensemble pour notre Au-triche ». On l’appelle ici le Pacte bleu turquoise, en référence aux couleurs des deux partis alliés et par opposition à la coalition sortante rougenoire. Le Parti populaire, que Sebastian Kurz a présenté sous le nom de Nouveau Parti populaire, a en effet troqué sa couleur noire traditionnelle, commune à la CDU allemande et à l’Internationale chrétienne-démocrate, contre le bleu. Les deux partenaires ont eu recours au même verbe,« soulager », pour indiquer la ligne directrice du programme en 182 pages qu’ils ont mis au point en moins de deux mois et qu’ils venaient de présenter au président Vander Bellen. « Soulager la population de notre pays », pour Sebastian Kurz ; « les Autrichiens seront largement soulagés dans les années qui viennent », lui a fait écho Heinz-Christian Strache. « Soulager » est bien le maître mot d’un programme clairement libéral – dans lequel il apparaît plus d’une quarantaine de fois ! – et qui entend « soulager » les Autrichiens de la fiscalité, les « soulager » de la lourdeur et des contraintes administratives, les « soulager », aussi, de la pression migratoire, et, dans une moindre mesure, de celles des organisations internationales. A cet égard, Sebastian Kurz ne devrait pas se priver de rappeler, notamment à partir du 1er juillet prochain, lorsque l’Autriche prendra pour six mois la présidence du Conseil européen, que « la subsidiarité est le principe directeur du développement de l’Europe ». Sur le plan international, le programme de gouvernement rappelle la candidature autrichienne à siéger au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu de 2019 à 2021 et au Conseil de sécurité durant la période 2027-2028.

La défense de la famille comme point cardinal.

Sur ces bases, le Pacte bleu turquoise a énoncé onze principes dont les deux premiers sont la liberté et la responsabilité et dont on retient l’équité entre générations. Point cardinal, le Pacte bleu turquoise proclame que « la famille comme communauté entre une femme et un homme avec des enfants ensemble est la cellule centrale et le nœud d’une société qui fonctionne et garantit à tous la capacité des générations à la solidarité entre elles ». Cette proclamation revêt une signification singulière dix jours à peine après que la Cour constitutionnelle eut cru bon d’exiger que le mariage entre individus de même sexe fût légalisé avant le 1er janvier 2019... à moins que la législation actuelle ne soit modifiée entre temps. La question n’est pas abordée par l’accord de coalition. Soulager de la pression fiscale : constatant que « l’Autriche est au sixième rang mondial pour les prélèvements obligatoires », Sebastian Kurz a affirmé immédiatement qu’il « n’y aurait pas une seule taxe nouvelle » et s’est assigné pour objectif de ramener à 40 % les prélèvements obligatoires, actuellement supérieurs à 43 %, en allégeant l’administration et, surtout, en simplifiant la fiscalité. Le programme déplore les changements permanents qu’a subi l’impôt sur le revenu depuis trente ans, et se prononce en faveur d’une remise à plat complète à horizon 2020. Parmi les innovations déjà planifiées, notons la mise en place en faveur des familles d’un crédit d’impôt de 1 500 € par enfant et par an jusqu’à 18 ans, et l’instauration d’une retraite minimum de 1 200 € par mois après 40 années de cotisation, portée à 1 500 € pour un couple si le conjoint n’a pas cotisé, ce bonus visant naturellement les mères au foyer. Toujours au chapitre social, la simplification du droit du travail est au programme avec pour objectifs premiers « l’efficacité de l’assurance chômage et la sécurisation et la transparence du système social », qui visent avant tout ce que le nouveau gouvernement appelle « l’immigration sociale »en annonçant la réduction d’un certain nombre d’aides.

Le référendum d’initiative populaire en bonne voie

Sur ce point, on rejoint la volonté gouvernementale de soulager les Autrichiens également de la pression allogène. La nationalité s’acquerra plus difficilement et, surtout, après que les candidats auront subi un contrôle d’in tégration passant par la maîtrise de l’allemand. Autre évidence, mais que Sebastian Kurz a tenu à souligner durant sa conférence de presse, « aucun enfant ne doit quitter l’école avant d’avoir appris à lire, écrire et compter » tout en insistant longuement sur la nécessité du développement du numérique et de la formation adéquate. Signe indubitable que le jeune chancelier – 31 ans – accorde à ces questions de famille, d’instruction, de protection sociale et de fiscalité, c’est son parti, l’ÖVP, qui en aura la responsabilité. Le ministère de la Famille, des Femmes et de la Jeunesse est confié à Juliane Bogner-Strauss, 46 ans, professeur de biochimie ; celui de la Formation, des Sciences et de la Petite Enfance à Heinz Fassmann, 62 ans, vice-recteur de l’Université de Vienne ; celui de l’Economie et du Numérique à Margarete Schramböck, 47 ans, ancien pdg d’A1-Telekom Austria, premier opérateur de téléphonie du pays ; celui des Finances à Hartwig Löger, 52 ans. Sur le plan institutionnel, en affirmant que « nous n’avons pas peur des choix de la population », c’est le vice-chancelier Heinz-Christian Strache qui s’est chargé de présenter les deux étapes du projet : la première consiste à ouvrir à 100 000 citoyens la possibilité de demander au Parlement le vote d’un texte ; l’étape future sera l’instauration du référendum d’initiative populaire. Cette réforme sera conduite sous la houlette du ministre de l’Intérieur, HerbertKickl, 51 ans, secrétaire général du FPÖ. Le gouvernement comprend donc neuf ministres, dont le chancelier (plus un secrétaire d’Etat), qui sont membres de l’ÖVP, et six (dont un secrétaire d’Etat) qui viennent du FPÖ, dont Norbert Hofer, qui avait manqué de peu l’élection à la présidence de la République et devient ministre des Infrastructures. S’y ajoute Karin Kneissl, ministre des Affaires étrangères, 52 ans, présentée par le FPÖ mais personnalité indépendante qui fut conseillère municipale à Vienne sur une liste ÖVP. Karin Kneissl est une spécialiste du Proche-Orient, parlant sept langues dont l’arabe, l’hébreu et, ancienne élève de l’ENA, le français. Seul Sebastian Kurz, benjamin du gouvernement qu’il dirige et ministre sortant des Affaires étrangères, avait déjà exercé une responsabilité ministérielle. Au bas de la déclaration liminaire de leur programme de gouvernement « Ensemble pour notre Autriche », Sebastian Kurz et Heinz-Christian Strache ont écrit, juste avant d’y apposer leurs paraphes : « Nous nous réjouissons de travailler ensemble et c’est pour nous un honneur de servir notre pays. »

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