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La tyrannie de Macron sera bienveillante

Emmanuel Macron, l’homme qui susurre à l’oreille des Français. Chapeau, l’artiste. Le prochain président de la République sait mettre le ton. Ses premiers mots après l’élection étaient parfaitement calibrés, doux, presque humbles. Solennels et graves. Présidentiels et intimes. En un mot : rassembleurs. Tel Kaa fascinant sa proie, Macron regarde les Français dans les yeux. Il veut notre bien et celui de la France. En matière de révolution, l’heure n’est plus à la révolte mais à l’hypnose.

Les révolutions sanglantes, c’est à la fois sale, sordide et incertain, jamais à l’abri d’un re­tournement de situation ou d’une captation inattendue : voyez Napoléon. Emmanuel Macron, et ceux qui ont géré sa candidature de main de maître, sont tout sauf des in­cultes. Mais leur culture a un sens, celui d’une histoire qui n’a jamais fini d’aller dans un sens bien précis. Ce sont des idéologues dont la tyrannie se dissimu­le, des autocrates qui réclament l’adhésion. Ils n’en feront qu’à leur tête – et le peuple sera d’accord. Sinon, gare à lui !
Le slogan est vieux comme 1789 : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! » Sauf qu’aujourd’hui on ne le dit plus. Aujourd’hui on en appelle au cœur et aux tripes. Les médias font cais­se de résonance. On rejette tout ce qui est « clivant ». Ensemble, c’est tout… Mais tout ensemble, c’est totalitaire. Méfions-nous de ce Macron au regard allumé et aux savantes poses d’acteur !
Le premier discours d’Emmanuel Macron était taillé sur mesure pour déclencher des sentiments positifs, à droite comme à gauche. Quoi, il nous parle d’« affaiblissement moral », d’« unité de la nation », du « peuple de France » ? Oui, et il évoque même les « devoirs envers notre pays ». « Nous sommes les héritiers d’une grande histoire », dit-il. « Transmettre », « civilisation », les « intérêts vitaux de la France », « esprit de conquête », « génie français » : les mots sont pesés et Macron interpelle même ceux qui l’ont élu : « Aimons la France. »
Alors qu’il va faire tout le contraire.

Tout sera pour votre bien…
Car il y a aussi l’ébauche de programme. Ce programme que Macron a voulu participatif, pour mieux faire résonner sa candidature chez les gens ordinaires – cela n’engage à rien. De ce premier discours, on retiendra qu’il entend lutter « contre toutes les formes d’inégalité ou de discrimination » : mots-valises qui annoncent une aggravation du refus de la préférence nationale, l’instauration de la « discrimination positive ». C’est toute la dynamique de l’antiracisme.
Emmanuel Macron est au service d’une politique révolutionnaire, d’une implacable idée « humaniste » qui se traduit à la fois par le « salut républicain » adressé à la vaincue, Marine Le Pen, et par la salutation au monde de la part de la « France fraternelle ». Bon petit soldat du mondialisme, le président-élu a d’emblée annoncé sa soumission à l’idée que le globe tout entier doit se conformer à des règles internationalement édictées.
« Développement », « lutte contre le réchauffement climatique » : c’est bien une tyrannie mondiale avec ses maîtres, ses impôts, ses règles tatillonnes et son contrôle supranational. Et ses moyens inédits de favoriser une économie con­tre l’autre. Le saviez-vous ? Aujourd’hui c’est la Chine qui se veut la force motrice de ces entreprises de domination de l’énergie et donc des forces vi­ves des nations. Avec Macron, on se soumettra servilement. Mais c’est pour notre bien !
Bienveillance… Ce fut l’un des premiers mots prononcés par « Emmanuel », ce drôle de « dieu avec nous », après son entrée en scène théâtrale et parfaitement chronométrée pour qu’il lève les bras précisément sur la derniè­re mesure de l’Ode à la joie. Sur fond de pyramide de Pei, verrue hautement sym­bolique implantée au cœur de ce que fut le centre du pouvoir monarchi­que français, Macron a parlé d’amour.

Laissez votre esprit se vider…
Parmi ses mots creux, celui de « bienveillance » est le plus actuel. Il n’est pas du registre de la charité, bien au contraire : il accompagne le nihilisme mo­derne et le rend possible. Bienveil­lant, il faut l’être à l’égard de soi, de l’autre, de la différence, des choix d’autrui. La bienveillance, c’est l’acceptation sans jugement. Vous êtes un hom­me ? C’est bien. Un homosexuel ? C’est bien aussi. Un trans ? Encore mieux. Tout est bien : la modernité, le relativisme, l’absence de condamnation morale sont la condition du bonheur. Seuls les opposants seront détruits… La « bienveillance » traverse les nouvel­les techniques de méditation et d’emprise. Elle vide les cerveaux et remplit les cœurs – de vide.
Ah si, il y a l’« esprit des Lumières », invoqué devant la pyramide du Lou­vre. Un esprit pour initiés – ceux qui comprennent ce que cela signifie de rejet des dogmes et de toute loi naturelle – qui fait aussi vibrer les incultes. Il fait vibrer tous ceux qui assument, qui oublient ou qui ignorent la filiation entre la Révolution messianique en vue de l’homme régénéré et les champs de ruines des massacres totalitaires.
Car à le regarder et à l’écouter, cet Emmanuel Macron aux allures de prêcheur laïque, qui promet des lendemains de justice et de fraternité, on l’imagine bien en gourou.
Il fera doucement, doucettement glisser la France vers l’indifférenciation mondiale en osant dire : « Je vous servirai avec amour. » Mais l’amour d’un Evangile inversé.  
Jeanne Smits

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