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Si les jeunes votaient, ils seraient chefs d’escadrille ?

Selon un « référendum » réalisé auprès de 57 000 lycéens par la très gauchiste Union nationale lycéenne, 62 % des 16 à 18 ans aimeraient disposer du droit de vote. En plus de l’iPad ? Oui. En plus. Comme au Brésil, en Autriche ou en Argentine. Alors,

Ils ont entre seize et dix-huit ans. Presque tous vivent chez papa et ma­man. Quand ils ont faim, ils ouvrent le frigidaire. Quand ils ont froid, ils allument le radiateur. Quand ils sont serviables, ils font la vaisselle et sortent les poubelles. Pres­que tous n’ont jamais travaillé, à part comme baby-sitter ou à Super U l’été dernier. Mais ils veulent voter. Ils veulent avoir ce droit. Ils pensent être aptes à l’exercer. Ils sont merveilleux.
Et, pourtant, pourquoi pas ? Pourquoi pas puisqu’il y a encore presque cinquante ans, les 18-20 ans ne votaient pas. Pourquoi pas puisque depuis cinquante ans, les plus de 65 ans n’ont cessé de faire n’importe quoi à chaque élection. Combien de Français de 80 ans et plus peuvent prétendre ne pas être des victimes de Giscard ou de Mitterrand ? Plus près de nous, combien de cocus revenus penauds de Hollandie ?

Ma poupée et moi, on vote Barbie ?
Alors, si les vieux et les moins vieux se trompent, pourquoi ne pas laisser les plus jeunes, eux aussi, accéder à cet­te volupté démocratique qu’est le cocufiage électoral ? Et puis, aussi, pourquoi s’en tenir aux seize ans ? Car c’est l’âge maximum de la scolarité obligatoire ? Mais la vie échappe à ces contingences administratives ! La plupart des jeunes filles ne sont-elles pas réglées à douze ans ou treize ans ? Pourquoi priver ces mères de familles potentielles d’un droit élémentaire ? Car elles n’ont pas en­core pour certaines rangé leurs poupées ? Fi donc ! Elles ont une opinion. Certes, généralement, c’est celles de leurs parents et donc, pour beaucoup, cel­le des médias.
Il faut admettre cependant qu’une forte minorité sait s’informer. Forums ou réseaux sociaux leur apportent les in­formations indispensables, notamment sur tout ce « qu’on nous cache ». Pourvu que l’info soit courte – mieux : que ce soit une vidéo –, et brève, et drôle, bien des collégiens savent. Et puis bon, pas la peine d’être une vieille vache pour se rendre compte qu’Emmanuel Macron est « bô », ni d’être un ancien combattant pour voir que Marion, quand même, elle est « bonne ». Non ?
En d’autres termes, à une époque d’im­maturité encouragée, généralisée, au nom de quoi écarter des urnes la crè­me de la crème de l’immaturité ? Pourquoi ne pas faire le pari que ces générations, immatures pour l’heure, sauront mieux que les précédentes gagner en virtus, en pietas et en gravitas avec l’âge ? Hein ? Franchement, pourquoi pas… Non ?
Et puis, ce n’est pas qu’une question de droit, c’est aussi une affaire de dignité. Giuseppe Aviges, vice-président de l’Union nationale lycéenne (UNL), syndicat totalement indépendant même si lui, Giuseppe, milite aussi au Front de gauche, ose dénoncer avec courage les graves discriminations qui frappent la jeunesse : « La jeunesse ne se sent pas considérée car elle est exclue des débats politiques, parce qu’on parle bien souvent à sa place. »

Plus de jeunes, c’est plus de djeunes
S’il n’est pas étonnant que Jean-Luc Mélenchon partage l’opinion de l’UNL (ou l’inverse), plus surprenant est de re­lever qu’on trouve chez les Républicains des partisans de cet abaissement de l’âge légal du vote. Thierry Solère, ex-sarkozyste, ex-partisan de Le Maire, désormais fidèle soutien de François Fillon, y est favorable car « la France a vieilli ». Le rapport ? Aucun. Sim­ple manifestation de jeunisme ringard chez un politicien qui refuse de revenir sur la loi Taubira et qui n’a jamais manqué une occasion de défendre Vallaud-Belkacem.
Et du côté du FN ? On est contre. Pourquoi ? Dans un texte du 14 décem­bre dernier, le chef des jeunes du Front, Gaëtan Dussausaye, l’affirme sans l’expliquer. Il se contente de relever l’importante abstention chez les 18-24 ans résultant selon lui « de la perte de confiance entre les jeunes citoyens et le politique ». Argument court, argument de vieux chef d’escadrille. Et si, en fait, la différence entre un jeune électeur et un vieux était que le premier voit le vote com­me un droit et le second comme un devoir ?
Et si l’enjeu était ailleurs ? Symbolisé par cette campagne que mène l’UNL sur le thème « Lycées, terre d’asile ! », avec ce slogan : « Seeds for integration ». Seed veut dire graine. Entre autres. Le terme a bien d’autres sens. Comme progéniture. Et comme pépin. L’UNL croit propager un slogan, c’est un aveu. Encore plus court, plus percutant à l’heure de la mondialisation en américain dans le texte que « petits enfants, petits emm…, grands enfants, grands emm… ».
Car combien, dans cette tranche d’âge d’un million et demi d’individus nés au début du siècle de naturalisés, d’heureux gagnants du droit du sol ? Bref, combien de bataillons pour la gau­che ? Car si le FN obtient des scores considérables chez les jeunes (35 % mais 12 % des inscrits), ceux-ci sont fortement minorés par l’arrivée massive à l’âge adulte des enfants et petits-enfants d’immigrés.
La vérité est là : plus vous ferez vo­ter de jeunes et plus vous aurez de djeunes qui votent.   
Philippe Martin

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