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Entretien avec Karim Ouchikh : « C’est toute la question de l’identité des peuples européens qui se pose »

Face à l’afflux de « réfugiés » qu’il qualifie de « déferlante migratoire », le Siel (Souveraineté, Indépendance et Libertés), un mouvement associé au Rassemblement Bleu Marine, organise une manifestation ce jeudi devant l’ambassade d’Allemagne à Paris (1). Karim Ouchikh, président du Siel, nous en explique les raisons.

 

« Minute » : Vous organisez une manifestation « contre la déferlante migratoire ». L'expression n'est-elle pas un peu forte ? D'autant que ces migrants semblent plus attirés par l'Allemagne ou la Suède que par la France…

Karim Ouchikh : L’Europe traverse depuis plusieurs semaines une crise migratoire inédite. Des migrants venus d’Afrique noire, du Maghreb ou du Moyen-Orient submergent littéralement notre continent dans des proportions considérables : le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, prédit ainsi l’arrivée de plus d’un million de « réfugiés » cette année ! Déferlante ou exode migratoire, nous assistons à de formidables déplacements de populations et, avec l’arrivée de ces peuples entiers, porteurs d’une culture et de modes de vie propres, c’est toute la question de l’identité des peuples européens qui se pose.

J’ajoute que le dispositif du regroupement familial, inscrit dans le marbre de notre droit, amplifiera mécaniquement ce phénomène dans les années à venir.

Dans l’immédiat, il est certain que la plupart de ces « migrants » semblent davantage désireux de se rendre en Allemagne ou en Suède. Mais nombre de ceux-ci pourront rejoindre et s’installer en France lorsqu’ils éprouveront leurs premières désillusions outre-Rhin ou en Scandinavie, en invoquant tout simplement l’un des principes fondateurs de l’UE : la liberté de circulation des personnes à l’intérieur de l’Union européenne.

manif-sielComment expliquez-vous cette arrivée soudaine et massive de migrants en Europe ?

Les causes sont diverses. Elles sont politiques ou militaires d’abord, comme en Syrie et en Irak où l’expansion de l’Etat islamique provoque des bouleversements géopolitiques sans précédent. Notons au passage que la France paye au prix fort les conséquences migratoires de la folle action diplomatique du trio Sarkozy/Hollande/BHL qui est parvenu en peu d’années à déstabiliser durablement tout le bassin méditerranéen.

Mais ces causes sont aussi économiques. A la suite des déclarations irresponsables d’Angela Merkel, beaucoup de ces « migrants » se sont engouffrés en Europe dans l’espoir d’une vie meilleure. Comment expliquer autrement l’arrivée en masse de migrants en provenance de pays non touchés par des conflits, comme le Kosovo, la Macédoine ou l’Albanie, si ce n’est en raison de cet effet d’aubaine économique ?

Tous profitent du système permissif de l‘espace institutionnel de Schengen qui provoque un véritable appel d’air. Les causes économiques, politiques ou militaires qui provoquent ces phénomènes transfrontaliers étant loin d’être réglées, chacun pressent en définitive que cet exode migratoire n’en est qu’à ses prémices…

Dans ce flot de réfugiés, il y a des personnes qui risquent réellement leur vie en restant dans leur pays. Je pense particulièrement aux chrétiens. Vous ne voulez pas non plus leur accorder l'asile ?

Accueillir tous les chrétiens d’Orient en Europe est une fausse bonne réponse : ils fuient leur terre natale à regret, pour protéger leur existence. Plutôt que d’effacer toute trace de présence chrétienne dans cette aire géographique qui a vu naître la religion du Christ, je préconise que des zones de protection soient érigées pour les accueillir sur le territoire de l’Irak et de Syrie ou dans les pays limitrophes : ces espaces seraient sanctuarisés militairement par les puissances occidentales, dont la France, mais aussi par la Russie et l’Iran.

Ces zones de protection, qui bénéficieraient aux réfugiés de toute confession, auraient vocation à subsister jusqu’au rétablissement durable de la paix dans ces zones de conflit et seraient financées par les pétromonarchies du Golfe qui ont beaucoup à se faire pardonner dans cette affaire. Ce dispositif militaro-diplomatique ambitieux implique de sortir de la paresse actuelle du Quai d’Orsay…

Pourquoi avoir choisi de tenir ce rassemblement devant l'ambassade d'Allemagne à Paris ?

Avec le démembrement des attributs de souveraineté des Etats européens, la politique migratoire est devenue une compétence de l’UE, singulièrement renforcée depuis les années 1985-1990 par l’espace Schengen. Dans les faits, la troïka Merkel/Juncker/Hollande impose aux pays de l’Union européenne des quotas obligatoires et permanents de « migrants ». Déjà saturé par une immigration légale et clandestine insupportable, notre pays se voit ainsi contraint de recevoir 24 000 « migrants » au titre d’un contingent qui devrait être rapidement réévalué au rythme des réalités migratoires, à hauteur de 30 783 « réfugiés » selon les dernières propositions de la Commission de Bruxelles…

Or cette politique autoritaire d’accueil forcé est pilotée par Angela Merkel, devenue au fil des années la véritable patronne de l’Europe. Dans de telles circonstances, il nous donc est apparu évident d’organiser symboliquement ce rassemblement devant l’ambassade d’Allemagne, non par hostilité au peuple allemand qui souffre autant que les autres peuples européens mais pour dénoncer la politique migratoire de fer de la chancelière.

Vous demandez un référendum. Quelles en seraient les questions ?

En liaison avec Merkel et Juncker, François Hollande tente de faire passer au forceps un « mécanisme permanent de relocalisation » de « migrants » au sein de l’UE. De la même façon, le gouvernement socialiste s’organise discrètement depuis plusieurs mois pour répartir partout en France le flot incessant de « réfugiés », assurer méthodiquement leur hébergement et garantir leur prise en charge par la collectivité, aux dépens du contribuable français.

Toutes les conditions politiques et juridiques sont donc aujourd’hui réunies pour imposer aux peuples de notre continent l’arrivée programmée de populations étrangères massives. Cette politique de peuplement forcé n’aurait pu se produire si elle n’avait été fortement encouragée, contre l’avis du peuple français, par les gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé ces dernières années à la tête de l’Etat. Cet exode migratoire n’aurait pas prospéré à ce point s’il n’avait pas été facilité par l’espace Schengen, cet écosystème institutionnel ultra-libéral qui a dépouillé les Etats européens de la maîtrise de leurs frontières territoriales au bénéfice d’une technocratie européenne autoritaire.

Je refuse cette fuite en avant migratoire qui traumatise notre société, paupérise notre économie et cautionne la politique néo-libérale de Bruxelles, sans que notre peuple ne puisse s’exprimer démocratiquement à ce sujet. C’est pourquoi je demande solennellement au chef de l’Etat d’organiser au plus vite un référendum par lequel nos compatriotes seront amenés à se prononcer sur la seule question qui vaille : « Voulez-vous ou non sortir de l’espace Schengen pour rétablir rapidement les frontières territoriales de la France ? »

La fin de l'espace Schengen serait la fin de la libre circulation de tout le monde, Européens et non-Européens confondus. N'y a-t-il pas une autre solution ?

L’espace Schengen organise d’abord et avant tout la protection de ses frontières extérieures. Rétablir les frontières intérieures des Etats en démantelant l’espace institutionnel de Schengen n’implique nullement d’abolir le principe fondateur de libre circulation des personnes, qu’il suffira d’aménager et de sécuriser notamment au bénéfice des ressortissants des pays de l’Union européenne. D’un point de vue pratique, ne feignons pas d’ignorer que la quasi-totalité des Etats de la planète continue à prospérer économiquement tout en conservant la plénitude de leurs frontières ! Et puis, souvenons-nous également que l’Europe a vécu avec ses frontières intérieures dans un passé proche, avant Schengen, sans en souffrir particulièrement…

Pourquoi le Front national ne s'est-il pas associé à votre appel à manifester ? C'est une répartition des modes d'action entre le FN et le Siel ?

J’ai invité officiellement le Front national à participer à cette manifestation pacifique qui intéresse tous les Français. Marine Le Pen ayant multiplié les discours percutants sur la question migratoire, à Brachay, Marseille ou Arpajon, il me paraît naturel que le FN puisse, avec le SIEL et d’autres forces politiques, passer aux « travaux pratiques » en exprimant sur le terrain l’indignation de tous nos compatriotes révoltés. J’attends la réponse de notre partenaire frontiste qui pourra toujours nous rejoindre d’ici à jeudi.

propos recueillis par Antoine Vouillazère

(1) Manifestation jeudi 24 septembre à 19 h 30 devant l’ambassade d’Allemagne, 28, rue Marbeau, Paris 16e. Métro : Porte Dauphine ou Porte Maillot.

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  • Publié dans le numéro : 2738
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